L’état des lieux sur les arnaques liées aux prêts entre particuliers

 

Les arnaques inhérentes aux prêts entre particuliers ne cessent de proliférer sur Internet. Aussi, pas moins de 250 personnes ont décidé de s’insurger auprès de l’Association française des usagers des banques (Afub), rien que pour cette année. Inquiète par l’augmentation du nombre de plaintes, l’association tient à alerter les internautes de redoubler de vigilance et de prudence. «Nous estimons qu’au moins 10 000 personnes auraient été victimes de ce type d’arnaques», a annoncé au Figaro Serge Maître, secrétaire général de l’Afub.

Des prêts accordés sans autorisation

Depuis décembre 2015, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a présenté une liste de sites frauduleux qui octroient du prêt particulier, sans y être autorisés. Elle avait alerté les internautes sur la prolifération des propositions de prêt à caractère frauduleux. En effet, les prêts entre particuliers se déclinent en une alternative intéressante pour ceux qui n’arrivent pas à avoir un prêt auprès d’une banque. Ils permettent à des personnes en situation précaire de se financer. Les témoignages des victimes mettent en exergue un mécanisme bien huilé. Les victimes sont appâtées par des courriels ou des messages, leur vantant la possibilité d’avoir un prêt direct auprès d’un particulier, assorti de conditions très avantageuses. Cliquez ici pour trouver une offre de prêt entre particulier sans autorisation.

Des escrocs qui usent du fonctionnement de la banque

Après avoir contacté la victime et lui avoir fait une offre de prêt alléchante, l’escroc développe toute une démarche d’étude de solvabilité de l’emprunteur. Elle peut durer 4 à 6 semaines, et l’escroc réclame des relevés bancaires et divers documents administratifs. Cette étape a le don de lever définitivement les doutes que l’emprunteur aurait pu avoir. Le piège se referme ensuite sur l’emprunteur. L’arnaqueur envoie à l’emprunteur un premier chèque proposant la moitié du montant total du prêt. Par la suite, il demande à l’emprunteur de lui envoyer de l’argent pour couvrir les frais de dossier. Ensuite, il disparaît comme par enchantement. Quelques jours plus tard, l’emprunteur est appelé par sa banque pour être informé que le chèque reçu de son prêteur est un faux.

Des fonds qui ne sont pas à disposition

Ainsi, l’arnaque joue sur le fonctionnement de la banque. Entre la réception du chèque et son encaissement effectif se passe un délai de 72 heures. Pendant cette période de temps, le montant du chèque apparaît dans les relevés de banque en ligne. Cependant, il n’est pas effectivement crédité sur le compte bancaire. L’emprunteur victime voit le montant crédité sur son compte et pense disposer réellement des fonds, ce qui n’est point le cas. Ainsi, l’Afub appelle les banques et les organismes de prêt à clarifier leurs conditions. Elle leur demande également d’indiquer très clairement que le prêt que l’emprunteur reçoit n’est que provisoire, sous réserve que le chèque soit effectivement payé.